Mémoire sur le lectionnaire de la FPF
dernière mise à jour le lundi 21 septembre 1998

 

2300 - Canons du lectionnaire F.P.F. en cours

En ce qui concerne les dimanches et les fêtes, le lectionnaire utilisé et diffusé par la Fédération Protestante de France reprend l'Ordo Lectionum Missæ romain de 1969. La seule particularité concerne en effet les autres jours de la semaine, pour lesquels sont reprises les propositions de l'Ökumenische Arbeitsgemeinschaft für Bibellesung, organisme ¦cuménique allemand qui fait la promotion de la lecture biblique. Le psaume dominical reprend aussi cette liste, mais il conserve sa fonction responsoriale.

Le lectionnaire protestant des dimanches et fêtes est donc le même que le lectionnaire catholique. Son fonctionnement est trisannuel et sa base de fonctionnement est l'année liturgique. Mais il y a un paradoxe : d'une part l'année liturgique en régime catholique se base sur l'histoire du salut, ou plutôt l'histoire de Jésus, de sa naissance aux lendemains de sa résurrection. L'année liturgique commencerait donc à Noël, à la naissance du "petit-Jésus". D'autre part le fonctionnement en années A.B.C. ne démarre pas à Noël, mais il démarre avec l'année calendaire et laïque. Ces deux années, liturgique et calendaire, se chevauchent donc. Le fait n'est pas trop troublant, étant donné que Noël et le 25 décembre sont presque le début de l'année.

Par contre il est étonnant qu'en régime protestant &emdash; ou plutôt, en régime réformé &emdash; on s'attache à un tel fonctionnement liturgique annuel, basé sur l'histoire de Jésus. Qui plus est, nous ferions de préférence commencer à Pâques cette année liturgique.

On lit peu la Bible hors des Églises, tel est l'hypothèse que nous formulions au début de ce travail. Le lectionnaire du Missale Romanum a dissocié le lectionnaire des fêtes du lectionnaire des dimanches. Ou, pour être plus exact, les fêtes et leurs temps de préparation sont dissociés de la logique de répartition A.B.C. qui attribue un évangile à une année. Le lectionnaire des fêtes a donc une certaine autonomie. En régime protestant, cela semblerait étonnant de dissocier le temps de fêtes du temps ordinaire. Chaque dimanche est une Pâque. Cependant, il semble que cette autonomie du lectionnaire des fêtes dont nous héritons correspond, sans le savoir, à une spécificité de l'Église : toute une tranche de la population ne fréquente les Églises &emdash; et donc la Bible aussi, certainement &emdash; qu'au temps des fêtes. C'est pourquoi nous détaillerons bientôt quel est l'Évangile reçu par ceux qui ne vont qu'occasionellement dans les églises, et quel est celui que reçoivent ceux qui viennent tous les dimanches, d'un autre côté.

2310 - Canons de la marge ; lectionnaire des fêtes

Selon la Bible et selon les dogmes chrétiens reconnus de toutes les confessions, au centre des temps liturgiques qui rythment l'année, il y a Pâques, et le carême qui le précède, puis le cycle de l'Avent et Noël ; viennent ensuite l'Ascension et Pentecôte (souvent compris d'ailleurs dans le temps pascal).

Mais les membres de l'Église n'ont pas toujours cette représentation à l'esprit. Selon la marge de l'Église et du "hors-l'Église" le c¦ur de l'année liturgique est Noël, puis vient Pâques, puis Pentecôte, confirmations oblige. Le contexte protestant rajoute une spécificité qui est la fête de la Réformation, seule fête non spécifiquement christologique de notre année liturgique.

C'est à ces destinataires de la Parole de Dieu que nous nous intéresserons plus encore qu'aux modèles des systématiciens. Dans cet objectif, il nous faudra faire des sous-classements par ordre d'affluence dans les Églises :
1. Noël.
2. [Noël], Pâques, Pentecôte.
3. [Noël, Pâques, Pentecôte], Ascension.
4. Hors marge : analyse des temps de préparation : avent et carême.

Avec ces sous-classements apparaissent autant de canons spécifiques à certaines couches de l'Église, plus proches souvent de la marge que du noyau professant.

2311 - Canon de Noël

Le canon de ceux qui n'ont pour Bible que les lectures de Noël est à l'heure actuelle cette liste (que nous présentons dans l'ordre canonique) :

Ancien Testament

Évangile

Épître

C : Ésaïe 9:1-6

B : Luc 1:46-55

B : Actes 13:16-25

A : Ésaïe 62:1-5

ACLuc 2:1-20 (C: 1-14)

C : Tite 2:11-14

B: Ésaïe 62:11-12

C : idem année A

A : Tite 3:4-7

Et il nous a semblé intéressant de publier en annexe le texte de ce canon, sur lequel porteront nos remarques.

Plusieurs choses sont immédiatement visibles : d'une part Ésaïe est le seul représentant de l'Ancien Testament, de l'ancienne alliance, et d'autre part, seul Luc est présent pour annoncer la Bonne Nouvelle de l'incarnation. De plus, Tite est le seul représentant des épîtres et des apôtres.

Luc est très compréhensible, il est facile d'accès pour le lecteur peu aguerri aux textes bibliques. Par ailleurs, il présente une version de l'incarnation assez narrative, contrairement à Marc chez qui cette séquence est absente ou à Jean, chez qui elle est trop elliptique peut-être. Le cantique de Marie n'a-t-il pas aussi une fonction mariologique que nous soupçonnerions par facilité ? Il eut été intéressant d'y joindre le cantique de Zacharie qui lui fait suite. Seuls les bergers viennent différencier la leçon A de la leçon C. Il sont des témoins et des adorateurs intéressants auxquels nous pourrons nous identifier. Les mages ne sont pas présents ici le jour de Noël, mais le passage de Matthieu 2:1-12 est un des passages les plus lus dans le lectionnaire : il revient trois fois, le premier ou deuxième dimanche de chaque année.

Le choix d'Ésaïe est enrichissant car il permet de montrer la réalisation en Christ du messianisme vétérotestamentaire. Il nous replace en contexte prophétique et Noël se fait proclamation. On pourra peut-être regretter que le 25 décembre ne donne pas lieu à une lecture d'Ésaïe 53 ou de quelque autre poème et chant du serviteur.

L'unique présence de Tite est paradoxalement moins regrettable qu'il n'y paraîtrait au premier regard. Si l'épître n'est pas la plus intéressante chez Paul pseudépigraphe, il n'en demeure pas moins que les passages choisis sont performants dans le contexte de la nativité : ils ouvrent la fenêtre du salut, refusant même les mérites en la matière. La leçon est intéressante.

Le passage des Actes fait apparaître un discours de Paul, qui nous replace dans la perspective d'Abraham, de David et du baptiste. Cela pourra peut-être jeter un trouble dans les esprits que les seules citations d'évènements vétérotestamentaires soient tirées des Actes ; c'est un comble. Par contre, cette mise en perspective est séduisante.

Il est dommageable globalement que nous n'ayons pas pris en compte que Noël, pour les catholiques qui ont fait ce lectionnaire, c'est avant tout un événement et des textes pour la messe de minuit du 24 décembre plus encore que pour le 25 au matinŠ

Même si les livres choisis sont surprenants, même si la diversité fait un peu défaut, nous devons reconnaître que l'Évangile de Noël est enrichissant car il replace l'événement dans un salut plus global. Les leçons d'Ancien et de Nouveau Testaments agrémentent vraiment la simple narration de l'événement de la nativité.

Si nous élargissons la perspective à tout le temps de l'Avent, nous notons que les lectures d'évangiles ont chacune leur tonalité propre à chaque dimanche. Le premier concerne la venue du Seigneur à la fin des temps, les second et troisième dimanches sont consacrés à Jean-Baptiste. Le quatrième s'attarde sur les événements qui précédèrent la naissance de Jésus. Les lectures de l'Ancien Testament recouvrent les prophéties messianiques, majoritairement tirées du livre d'Ésaïe. Les épîtres développent les différents aspects de l'attente, le registre de signification de l'Avent.

2312 - Canon de Pâques

Les lectures pour Pâques sont les suivantes :

Ancien Testament

Évangile

Épître

B : Ésaïe 25:6-9

C : Matthieu 28:1-10

C : Corinthiens 5:6-8

A : Actes 10:34-43

B : Marc 16:1-8

B : Corinthiens 15:19-28

C : idem année A

A : Jean 20:1-9

A : Colossiens 3:1-4

Ces textes sont publiés tels quels dans les annexes pour rendre plus visible ce que l'on doit se résoudre d'appeler le canon de Pâques.

La place des Actes en remplacement de l'Ancien Testament est un parti-pris pour le temps pascal dans le lectionnaire romain. Cela peut être regrettable de n'avoir qu'un texte d'Ésaïe pour évoquer l'ancienne alliance. Le texte est messianique, on n'en attendait pas moins. Nous pouvons regretter l'absence de toute pâque juive dans ces textes, hormis l'épître d'année C, qui évoque les pains sans levain &emdash; mais c'est un peu léger assurément. L'accent se porte donc sur la résurrection, et c'est légitime, mais on oublie tout ce qui fit le contexte pascal lors de cette Pâque un peu spéciale. Là encore, l'histoire de Jésus est restrictivement importante. Il va de soi que cette dimension est présente durant la semaine sainte et durant le carême, mais il ne faut pas quitter notre préoccupation, la marge de l'Église qui ne vient qu'à Pâques (et à Noël).

La diversité des lectures d'évangiles pour Pâques est à noter. Nous n'expliquons pas ce choix particulièrement, mais tout choix en la matière se justifierait. Le rythme trisannuel (pour quatre évangiles) prime. Le fait de ne prendre que la leçon courte de la finale de Marc est intéressant sur un plan strictement exégétique.

Les épîtres des années A et B ouvrent à la dimension du salut. Théologiquement, on appréciera qu'une dimension trop sacrificielle de Pâques ait été évitée.

Les lectures pascales sont donc d'une bonne tenue générale.

Pour ce qui concerne le temps pascal au sens large, durant le carême, les lectures des cinq premiers dimanches s'agencent comme suit. Pour les deux premiers dimanches, est gardé le thème traditionnel de la tentation et celui de la transfiguration. Pour les trois suivants, on lit en année A les évangiles traditionnels de l'initiation chrétienne, Samaritaine, Aveugle-né, Lazare. En B les textes de Jean annoncent la glorification du Christ par la croix et la résurrection et l'année C se concentre sur des textes de conversion. L'équilibre est riche.

Les lectures de l'Ancien Testament se rapportent à l'histoire du salut. Pour chaque année, on évoque les étapes de cette histoire, depuis les origines et jusqu'à la promesse d'une Nouvelle Alliance (2ème dimanche, Abraham et 3ème, l'Exode).

Les épîtres sont choisies en rapport avec les deux autres lectures.

Pour les Rameaux, ce sont les textes de narration de l'entrée à Jérusalem qui priment, comme pour tous les textes où la dimension liturgique fait appel à un événement fondateur.

Comme pour Noël, n'est pas pris en compte le fait que la conception du calendrier liturgique est différente en contexte protestant du contexte catholique. La semaine sainte est remplie d'autres festivités en régime catholique, qui permettent d'agrémenter d'une plus grande diversité les lectures pascales.

C'est un regret de constater la relégation de l'Ancien Testament dans ce canon de la marge de l'Église, de cette marge qui ne vient qu'aux cultes de Noël et de Pâques. Car on ne peut pas comprendre pourquoi Noël et Pâques annoncent une nouvelle alliance si l'on n'a pas connaissance de l'ancienne.

2313 - Ascension, Pentecôte

Après Pâques, c'est l'exultation jusqu'à Pentecôte.

Les lectures se présentent comme suit. Pour les évangiles, les trois premiers dimanches rapportent des apparitions du Seigneur ressuscité. Le quatrième dimanche viennent les lectures sur le Bon Pasteur. Du cinquième au septième dimanche, les textes sont issus du discours après la Cène et de la prière sacerdotale.

Il n'y a alors pas de lecture de l'Ancien Testament, mais des Actes, évoquant la vie, le témoignage et le développement de l'Église primitive. Pour bien des membres dont la présence au culte est épisodique, le lectionnaire est la Bible. Ils sont donc privés d'Ancien Testament au profit de l'Évangile.

Pour l'Ascension comme pour Pentecôte, le texte de narration des événements fondateurs priment. Toutes les autres lectures ne sont qu'au service du temps liturgique et de la fête spécifique.

Le canon de la marge est donc plutôt de bonne qualité. Le lectionnaire des fêtes est en effet la raison d'être, l'origine et le but, l'alpha et l'oméga du lectionnaire des dimanches, c'est lui qui donne la cadence à toue l'année liturgique.

Mais il faudrait aussi, pour analyser le véritable canon de la marge des églises, avoir des données statistiques sur les textes utilisés pour les cérémonies non dominicales (mariages et inhumations) qui sont des sources d'évangélisation considérables, au-delà du culte dominical (baptême et confirmation). Ainsi pourrions-nous nous demander, comme nous y invite une lacune notoire, si Paul a vraiment écrit 1Cor 13 pour les mariages et 1Cor 15 pour les enterrements ?

En poussant encore plus loin, il serait légitime de se poser la question du canon du peuple hors l'Église. Car une culture biblique existe bel et bien hors des cercles ecclésiaux. Une meilleure connaissance de cet étrange canon nous permettrait aussi de prêcher un Évangile nouveau lors de cérémonies ouvertes à des publics aussi étranges qu'étrangers. Oui, il y a même un canon des milieux extra-ecclésiaux. Genèse 1 en fait partie. Au même titre que 1515 évoque Marignan dans la mémoire collective, Genèse évoque la Création et Adam et Ève dans la représentation de nos contemporains. L'étude de cette représentation du corpus biblique par les non-chrétiens serait très intéressante pour moduler notre prédication.

Or Genèse 1 ne fait pas partie du lectionnaire, ni Jean 1:1 avec ce verset "Au commencement était le Verbe, la Parole", que tout le monde connaît.

Et tous ces textes sont justement chargés de contresens dans cette représentation collective. L'Église ne doit pas fuir, mais les affronter !

2320 - Canons de la chaire - lectionnaire des dimanches

En dehors des temps de fêtes demeurent 33 à 34 dimanches. Une lecture semi-continue des évangiles fonctionne donc sur trois ans, avec Matthieu en année A, Marc en année B, et Luc en année C.

L'introduction au lectionnaire affirme que les caractéristiques propres et la structure de chaque évangile ont été respectées. « On a également fait en sorte de ne laisser de côté aucun élément de la catéchèse synoptique : ce qui n'a pas été retenu pour le dimanche dans un évangile est donné une autre année dans la version parallèle d'un autre évangile. Quelques éléments essentiels, ou présentés très différemment dans les différents évangiles, reviennent deux ou même trois fois ». La suite du mémoire montrera les nuances à apporter à cette affirmation.

Dans l'année B, on ajoute 5 lectures du chapitre 6 de Jean (le discours sur le pain de vie) en lieu et place de la multiplication des pains chez Marc.

Les lectures d'Ancien Testament sont choisies en fonction de l'évangile du jour. Les lectures des épîtres en temps ordinaire sont issues des lettres de Paul et de Jacques, Pierre et Jean étant réservés aux temps de Noël et de Pâques.

C'est l'année liturgique et les fêtes qui structurent véritablement le lectionnaire. Les débuts de la prédication de Christ succèdent au temps de Noël et de l'épiphanie. L'année liturgique se clôt sur le discours eschatologique et l'attente des temps derniers. Les récits de la passion et de Pâques sont très exclusivement réservés au temps pascal. Malheureusement, ce qui est spécifique à la passion est hors du lectionnaire puisqu'il intervient dans la prédication de jours non fêtés dans le cadre du protestantisme.

L'analyse des apories et doublets du lectionnaire peut être significative et nous l'étudierons dans les pages qui suivent. En effet, si nous ne pouvons nier la performance qui a consisté à réaliser un tel lectionnaire, nous constatons un certain nombre de grands traits qui peuvent attirer notre attention car ils sont la preuve de choix théologiques précis. Nous n'avons pas les moyens d'une critique poussée et précise ici, mais nous dégagerons des grandes lignes pour une compréhension du lectionnaire des dimanches et fêtes, canon de la chaire. Ce sera l'objet de la troisième grande partie de cette étude.

2330 - Le canon de l'oecuménisme

« Avant le jugement canonique, nous avons affaire à une pluralité, livrée à la subjectivité des préférences, et qui risque de mettre en doute le caractère "sacré" qu'on leur attribue. Après le jugement canonique, la pluralité des livres devient la totalité concrète de la Bible ». La compréhension catholique est fondamentalement unitaire. Est sous-jacente l'idée qu'il existerait une &emdash; unique &emdash; théologie biblique. La compréhension du lectionnaire, canon dans le canon est donc aussi forcément unitaire et singulière.

Quand on s'intéresse à notre liste de textes, on constate qu'il ne s'agit pas d'un lectionnaire ¦cuménique. Il faut l'avouer, le dire et le répéter. Le lectionnaire des dimanches et fêtes, celui qui a un écho réel dans le peuple de l'Église est le lectionnaire issu de l'Ordre Liturgique de la Messe tel qu'il a été défini à Vatican II.

Le Magistère interprétatif qui a constitué le lectionnaire dans son hiératisme est dans la droite ligne d'une théologie du sensus fidei singulier qui jaillirait de l'Église. De l'analyse du découpage de l'évangile de Matthieu il ressort que l'Église (par le Magistère qu'elle donne à la commission constitutive de l'O.L.M.) est juge et partie dans la transmission cultuelle des Écritures. Peu d'informations ont vraiment filtré quant aux méthodes de travail de ladite commission ; cela forge un caractère de précédence, d'inconnu, d'efficacité "sacrée" au lectionnaire en place. Y aurait-il un motif volontaire entre ce flou laissé et l'impossibilité constructive à laquelle nous faisons face de retrouver les origines, la création historique du canon ?

Se réjouir que tous les chrétiens lisent les mêmes textes est très honorable et c'est effectivement en partie à souhaiter pour manifester l'unité de l'Église universelle. Dans le cas présent, les protestants n'ont pas été consultés pour la constitution de cette liste. Il s'agit bien alors d'un ¦cuménisme comme on l'envisage à Rome, sous le magistère romain. On ne peut pour autant nier la dimension ¦cuménique qui fait que ce lectionnaire est en place presque "par toute la terre habitée". Michel Bouttier affirme alors que « la Parole rompue devient source de communion ».

Le canon de l'¦cuménisme contemporain exploite un registre sémantique et idéologique particulier : il cherche l'effacement des conflits, des différences en règles générales (fustiger les pharisiens pourrait être compris comme de l'antisémitisme de la part de Jésus ? c'est drôle de la part d'un Juif d'être antisémite), il refuse toute violence, toute parole d'accusation, de regret fort. Le canon de l'¦cuménisme contemporain se complait dans les limbes évanescentes d'un peuple à la recherche d'un divin cocon ; il est aseptisé et anesthésiant. Il ne faudrait plus parler à l'église de violence, de politique, de sexe ; de religion, aussi peut-être ? Cette conception est basée sur les critères moraux et culturels d'une certaine tranche de la population ecclésiale contemporaine &emdash; bien-pensante, diraient les uns, bourgeoise, diraient les autres, etc.

Toutes ces considérations vont être maintenant étudiées dans le détail.

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